des pigeons et des chiens

extrait

La vision tronquée d’une ville qu’on habite cinq jours, avec du tourisme dans les yeux.
J’ai vu des bouts de gens, de rues.
Des chiens, des pigeons, des bancs et des terrasses de cafés.

Des arbres tout nus.
Des façades vétustes.
Des troupeaux de pigeons qui s’envolent au bruit métallique d’un pied posé sur une plaque d’égout mal fixée.
Des fenêtres alignées, fermées, des balcons vides.
Soleil absent, petit vent imposant l’écharpe.
Ciel blanc, coton, pâteux, barbouillé, humide.

Je suis sur la plaza del Sol.
Sur un banc de cette plaza.
Je regarde (de mon banc) un décor dans lequel j’essaye de m’inscrire.
Passent des balayeurs de rue qui m’ôtent des mégots de sous les pieds.
Deux hommes se rencontrent et s’embrassent, s’en vont.

Façade vétuste d’un immeuble de deux étages, j’ai peur que le petit balcon fleuri s’écroule si je le regarde trop longtemps.

(…)

Y’a pas un chat ici, mais des cris d’oiseaux bizarres.
J’attends de mon banc, dans la fraîcheur d’une après-midi à ciel blanc.
Quelques bruits lointains de travaux sirènes moteurs, volent en nuages au dessus du parc.

La fenêtre ne bouge pas, il ne vient pas tirer les rideaux.
Il n’y a qu’un pigeon qui me tourne autour et de pauvres tourterelles qui se font la cour.
Les après-midi à ciel blanc ne sont pas faites pour l’amour.
Une butte de nature dans l’espace urbain.
Le vent dans les arbres fait un bruit de scooter.

J’aimerais que de ces scènes naissent des histoires, mais je n’en connais pas les personnages principaux. Je ne vois passer que les figurants, de furtifs portraits qui m’échappent. Leur langue avec.

( Tous droits réservés )

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